La synthèse technique BIM – Partie 2

Une synthèse technique OpenBIM est-ce possible ? Quels outils utiliser ? Des conseils pour la Maîtrise d’Ouvrage et les acteurs de la Construction ? François LAHOUSTE et Aurélie VARIN continuent à répondre aux questions dans cette Partie 2. 

NOTA : La partie 1 de l’interview et disponible ICI ! 

 

Selon toi Aurélie, quels sont selon les piliers d’une synthèse technique réussie ? 

Aurélie : Le pilier d’une synthèse technique réussie est le parfait amalgame entre les différents intervenants composant une cellule de synthèse. Le responsable de synthèse, dans ses études et lors des réunions de synthèse, doit amener les entreprises à s’entendre sur les solutions proposées ou à être force de proposition sur les points bloquants. Il est indispensable d’avoir des échanges réguliers entre tous les acteurs du projet afin de parvenir au parfait achèvement des plans d’exécution des entreprises. 

 

Nous comprenons qu’un processus de synthèse technique full-BIM ne peut être efficace que si l’ensemble des acteurs y participe. Par quels moyens et outils les embarquez-vous dans cette démarche BIM ? 

François : Les 2 premiers moyens et les plus importants sont l’accompagnement et la pédagogie ! Ce processus peut parfois paraître déroutant pour ceux qui ont l’habitude d’une synthèse conventionnelle fusse-t-elle en 2D ou en 3D. Pour le reste tous les outils existent pour créer et maintenir l’environnement interopérable nécessaire à une telle synthèse (fichiers de références, scripts, rapport d’audit des maquettes) et pour communiquer. Nous utilisons beaucoup les plateformes de gestion des BCF par exemple. 

 

Aurélie et François, quels sont les outils que vous utilisez dans votre quotidien dans le cadre de votre métier ? 

Aurélie : A l’agence je travaille sur les projets en BIM. Nous utilisons les logiciels AUTOCAD et REVIT. 

François : Pour ma part je travaille avec AUTOCAD – REVIT (et DYNAMO) – NAVISWORKS – BIMCOLLABZOOM et SIMPLEBIM 

 

Une synthèse technique OpenBIM, est-ce possible ? Comment y arriver ? 

François : Bien sûr que cela est possible. Le format IFC peut parfaitement se prêter à l’exercice de la compilation des maquettes et de la détection des clashs. Que ce soit dans ce format ou en format natif, à partir du moment où la donnée est correctement organisée et renseignée, le logiciel de détection aura la matière adéquate pour effectuer le travail. Quant aux outils de communication ils sont très efficaces en OPENBIM (format BCF). Souvent l’écosystème AUTODESK est retenu sur les projets car plus connu (REVIT – NAVISWORKS – BIM360) et offrant plus de possibilité si tout le monde l’utilise (projet en CLOSEBIM). 

 

Qu’en est-il au niveau du marché actuelle ? Constatez-vous une augmentation de la demande (et comment cela s’inscrit-il) et dans quel(s) secteur(s) ? 

Aurélie : La période actuelle que nous traversons (COVID-19 / Confinement), depuis le mois de mars 2020, a inévitablement freiné l’activité du pôle de Synthèse. Néanmoins, beaucoup de projet en cours avant la pandémie ont pu être traité, sans souffrir de ralentissement. Si la demande des projets en présynthèse et synthèse était constante avant cette période, l’impact à venir n’est pas encore mesurable. 

 

Selon vous, dans quel(s) type(s) de projet la synthèse technique est fortement nécessaire ? 

Aurélie : La synthèse, et également la pré-synthèse en conception, est nécessaire dans les projets où la technique et la densité de réseaux sont importantes : bureaux, usines, commerces, hôpitaux, cinéma, scolaire… 

 

Une synthèse technique ça coûte combien ? 

Aurélie : La synthèse technique n’a pas un prix fixe. Il dépend de plusieurs paramètres tel que la surface du projet, sa complexité ainsi que le temps estimé à travailler dessus et le nombre de personnes à mobiliser sur le projet. 

 

Avez-vous travaillé avec beaucoup d’entreprises qui utilisent le BIM ? 

François : Sans surprise je répondrai : « de plus en plus ». Dans un premier temps surtout des « majors » mais depuis environ 2 ans je constate que de plus en plus d’acteurs du bâtiment intègrent des compétences BIM qui vont au-delà de la modélisation 3D. Certes il y a encore beaucoup de chemin pour une pleine maturité BIM de toutes les entreprises du bâtiment ! 

 

Sur quels projets travaillez-vous actuellement ? 

Aurélie : Actuellement, je travaille sur un immeuble de bureaux pour NOVAXIA avec l’entreprise BOUYGUES. Le projet fait 30 000 m² avec une livraison prévue pour 2020. En parallèle, je finis la synthèse d’un cinéma (9 salles) pour UGC avec l’entreprise BOUYGUES, dans le grand projet d’Issy Cœur de Ville. 

François : De mon côté je termine la synthèse technique du Centre International de Recherche sur le Cancer à Lyon et je suis BIM Manager pour l’opération Hirondelle 3000 à Marcq en Baroeul. 

 

Racontez-nous une anecdote sur un de tes projets. 

François : Au tout début de ma carrière dans le bâtiment, à une époque où la règle était de résoudre les problèmes « sur le chantier » selon la formule consacrée, j’ai eu l’occasion d’être stagiaire dans une entreprise régionale de gros œuvre. 

Un jour que j’accompagnai mon maître de stage, conducteur de travaux, nous sommes arrivés sur le chantier d’un complexe sportif où il s’est avéré que les demandes de réservations avaient été oubliées lors des études… A notre arrivée sur le chantier, les plombiers étaient en train de percer les poutres de soutient de la toiture au perforateur pour passer leurs canalisations. Je vous laisse imaginer la réaction de mon accompagnant ! J’ai à cette occasion pu comprendre toute l’importance des études de synthèse. 

 

Y a-t-il un projet spécifique qui vous a marqué et pour quelle(s) raison(s) ? 

Aurélie : Je n’ai pas encore beaucoup de projets à mon actif. J’ai apprécié mon premier projet en synthèse lorsque je suis arrivée chez Probim. C’était pour moi un premier challenge en tant que responsable de projet de synthèse. 

François : Je pense aussi à mon premier projet de synthèse : l’extension de l’hôpital de Creil en 2010. J’ai découvert la complexité de ce type de projet et le large éventail des connaissances métiers nécessaires à la réalisation d’une mission de synthèse efficace. 

 

Quels sont les conseils que vous souhaitez partager avec une Maitrise d’Ouvrage qui veut mettre en place une synthèse technique BIM sur son projet ? 

François : En premier je dirai « anticiper le BIM sur vos projets » et surtout anticiper la mise à jour de la maquette du projet architectural durant la phase d’exécution des travaux. Ce point, trop souvent omis est un vrai frein à la réussite d’une synthèse BIM. 

Par ailleurs un bureau de synthèse, effectuant une mission complémentaire de maitrise d’œuvre au sens de la loi MOP, devrait selon moi être missionné par la maitrise d’ouvrage plutôt qu’en sous-traitance de la maitrise d’œuvre ou d’une entreprise. Simplement parce que le regard doit être critique (et bien sûr constructif) sur l’ensemble des éléments architecturaux et techniques du projet. 

 

Même question mais cette fois-ci côté entreprises d’EXE ? 

François : Continuez à développer vos compétences BIM et pas seulement de modélisation 3D !  » Il faut embrasser ce qui ne peut être évité », sur ce principe voyez le BIM comme un formidable outil de mise au point de vos documents d’exécution et d’optimisation de votre production. 

Enfin, sachez que l’écueil le plus souvent rencontré actuellement en synthèse BIM concerne la difficulté à trouver le bon profil de participant mis à disposition par les entreprises : il doit avoir des compétences métiers, BIM et également un pouvoir de décision afin d’aborder les problèmes liés aux maquettes numériques, aux incohérences techniques et statuer sur les propositions faites par le bureau de synthèse. La présence de tels profils dans une cellule de synthèse accélère grandement l’avancement des études. 

 

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Interview réalisée par Lamia BELFATMI

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